En 1947, le boulevard Beaconsfield faisait partie de l’autoroute 2 qui se prolongeait jusqu’à Ottawa et Toronto. Il n’y avait ni lampadaires, ni trottoirs. La décharge publique se trouvait derrière le boisé de la propriété du 331, boul. Beaconsfield. Toutes les propriétés étaient dotées d’une fosse septique et d’un puits. Le courrier n’était pas livré de porte à porte; il fallait aller le chercher à Pointe-Claire, et ce, jusqu’à ce que le bureau de cueillette déménage dans une maison de la rue Beaconsfield Court. À l’époque, il n’y avait aucun magasin à Beaconsfield. Il n’y avait que des services de livraison de pain, de lait et de blanchisserie.

Une année, à l’automne, l’agriculteur qui habitait dans le quartier appelé alors Richmond Court a dû garder quelques-uns de ses cochons en raison d’une grève déclenchée à l’usine de transformation de viande Swift. Eh bien… comme il fallait s’y attendre, les cochons se sont enfuis un beau jour, et nous, les quelques personnes qui habitions tout près de là, avons passé l’après-midi à aider l’agriculteur à rapatrier ses protégés. C’était hilarant!

La plupart des propriétés de Beaurepaire et de Beaconsfield étaient des exploitations agricoles, mais il y avait aussi un bon nombre de chalets d’été au bord du lac, ce qui nous amenait beaucoup de gens de Montréal.

Joan Irwin, Ruth Daily et moi-même avons décidé un jour d’ouvrir une maternelle avec une institutrice qualifiée (j’oublie malheureusement son nom). Les classes étaient données dans le sous-sol de l’église Christ Church, à Beaurepaire.  Nous y avons inscrit quelques enfants, ce qui nous a permis d’embaucher une institutrice et de nous procurer du matériel. Nous avons connu un grand succès, mais comme cela arrive souvent, l’association foyer-école a fini par en prendre les rennes. Je pense que nous n’avons jamais vraiment été reconnues comme fondatrices de cette école. Un groupe d’entre nous avons même décidé de monter une Revue  pour aider l’association à recueillir des fonds. 

Un week-end, ma famille et moi avons prêté notre maison et notre terrain pour la tenue d’une exposition d’art et d’un cocktail  au profit de la bibliothèque. Kay Betts, notre bibliothécaire dévouée, nous a aidés à organiser l’événement. 

Les Campbell ont acheté la propriété adjacente à la nôtre des deux côtés du boulevard Beaconsfield. Ils y ont construit une grande étable-écurie pour leurs vaches et leurs chevaux, qui défonçaient continuellement la clôture et venaient empiéter sur notre propriété. Les animaux avaient un appétit particulier pour les fleurs qui ornaient nos jardinières de fenêtre.  Nous ne trouvions pas ça très drôle !

par B. Jockel