Beaconsfield: Nos voix

Le 549, rue Church

Anecdote racontée par Jenni Slaven, à partir d’une lettre et de photos
provenant de Mme Joan C. Couper

Jenni nous raconte qu’un jour, lorsqu’elle était chez elle, elle a reçu la visite d’une dame âgée accompagnée d’un couple plus jeune (son fils et sa belle-fille). La dame, Mme Joan C. Couper, était la petite-fille des premiers propriétaires, M. Christopher William Dickens et Mme Phoeby Lacey d’Angleterre, qui ont construit la maison en 1924. Mme Couper, qui habitait désormais en Colombie-Britannique, était de passage à Beaconsfield pour quelque temps. Jenni a fait entrer les visiteurs et a assisté alors à un moment vraiment spécial tandis que Mme Couper racontait à son fils et à sa belle-fille les souvenirs qui remontaient à sa mémoire pendant qu’elle se déplaçait d’une pièce à l’autre. Voici des extraits d’une lettre de remerciement que Jenni a reçue peu après cette visite, lettre qui raconte une page de la vie à Beaconsfield à ses débuts.

La maison

La maison a été construite comme résidence d’été dans les années 1920, dans un coin d’une propriété divisée en quatre lots à l’angle des rues Lakeview et Third Street. La construction s’est étendue sur plusieurs années. L’adresse originale était le 549,Third Street, mais le nom de la rue a été changé dans les années 1940 pour Church Street. La maison est devenue par la suite la résidence permanente de mes grands-parents,qui l’ont habitée pendant toutes les années 1930 et 1940. L’enseigne qui se trouvait au-dessus de la porte d’entrée, « Wembley Cottage », était une copie de celle qui ornait la façade de la maison d’enfance de mon grand-père à Wembley, en Angleterre.

Mes souvenirs de cette maison

La cuisine des années 1930, de couleur vert foncé, avait des allures un peu mystérieuses. Il n’y avait pas de robinet dans cette cuisine, seulement une pompe à eau verte et pas jolie du tout (pour s’harmoniser avec les murs, sans doute) installée dans un évier. C’était parfait si vous aviez la force de pomper l’eau, mais ce n’était pas mon cas puisque je n’avais alors que trois ans. Je me rappelle seulement que j’avais toujours très soif ! (Je blague.)

La toilette extérieure, dans les années 1930 et 1940, n’était vraiment pas mon lieu favori, même si on s’en servait uniquement durant l’été. En guise de papier de toilette, on utilisait des mouchoirs que ma grand-mère découpait en carrés de 6 pouces et qu’elle suspendait à un long clou au mur. Il y avait aussi un catalogue Eaton que l’on pouvait feuilleter durant notre visite au petit coin. Nous accrochions aussi nos peintures et nos dessins aux murs, et il était déjà évident, même à notre très jeune âge, que personne d’entre nous n’allait faire carrière dans les arts!

La végétation autour

Les lilas simples et doubles, dans des tons de blanc, de violet pâle et de violet foncé, abondaient tout autour de la propriété. Il y avait, sous un arbre, un grand tapis de muguet qui refleurissait chaque année sans aucun soin. Il y avait aussi des pivoines blanches et roses partout, et leur parfum était magnifique. Lorsque je me suis mariée en 1957 à l’église Christ Church, sur l’avenue Fieldfare à Beaurepaire, nous avons justement décoré l’église de paniers remplis de ces belles pivoines (probablement à cause de leur juste prix…). Quand je ferme les yeux, je peux encore sentir leur parfum envoûtant. Magique !

Mme Couper était manifestement exaltée de revoir la maison de son enfance et d’avoir quelqu’un comme Jenni, qui aime la maison tout autant, pour partager ses bons souvenirs.

Introduction et dernier paragraphe écrit par J. Slaven
Résumé de la lettre par D. Bouchard-Serhan

Villa Wembley
Collection: J. Couper



Famille de Mme Couper:
les grands-parents, son père enfant et un ami de la famille, 1909

Collection: J. Couper



Famille de Mme Couper: les grands-parents
Collection: J. Couper